Alpes suisses

Accompagner les chevrières


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Mission botanique délicate pour des chèvres itinérantes: brouter tout ce qui se trouve à portée de leur museau. Elles favorisent ainsi la diversité des espèces, comme le démontre ce reportage réalisé dans les alpages suisses par nos collègues de la rédaction du magazine Coopération.

Dans le silence des montagnes uranaises, on entend presque le bruit de centaines de mâchoires qui mastiquent. Une paix à peine troublée de temps à autre par le doux tintement de sonnailles. Mais à l’appel de la chevrière Antonia Studer (32 ans), toutes les chèvres accourent, petites et grandes, à poils longs ou courts, vieilles et jeunes. La pente abrupte de Tiefenbach, dans l’Urserental (Uri), ne freine guère les 200 biquettes. Quand Antonia les appelle, elles savent qu’une friandise spéciale les attend: du pain sec. Et elles comptent bien se régaler.

DE PRÉCIEUX BIOTOPES À PRÉSERVER
Les chèvres ne sont pas uniquement là pour leur bon plaisir. Elles sont investies d’une mission. Elles doivent brouter tout ce qui croise leur chemin et ainsi œuvrer à la diversité des espèces. Ces bêtes font partie du projet «Chèvres itinérantes». L’idée est simple: en montagne, de plus en plus de prairies et pâturages secs sont envahis par les buissons et les broussailles, car les paysans n’ont plus d’intérêt à les exploiter. Pourtant, ces zones sèches sont des biotopes précieux. Elles abritent non seulement des gentianes et des edelweiss, mais aussi des lys orangés et plusieurs variétés rares d’orchidées. «Pour pousser, ces plantes ont besoin de beaucoup de lumière et de chaleur», explique Pierre Coulin (44 ans), spécialiste en agroécologie et coordinateur du projet. Mais d’autres plantes, des buissons ou même des arbres croissant dans le même espace leur dérobent ces ressources essentielles. Les chèvres grignotent les feuilles et les écorces des broussailles et des arbres. L’apport en eau est alors suspendu, ce qui entraîne la mort des plantes. Les caprins mangent aussi des espèces rares, mais ce n’est pas grave. Ces dernières repousseront avec encore plus de vigueur l’année suivante. Voilà le principe théorique de ce projet. Une idée qui a su convaincre Pro Natura, l’Office fédéral de l’environnement ainsi que les cantons des Grisons et d’Uri de tenter l’expérience. Ces deux régions recensent de nombreuses zones d’estivage.

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